Il y a des livres qui ne sont pas interdits. Ils sont simplement absents. Pas de table en librairie, pas de passage en plateau, pas de recension. Une censure sans décret — la plus efficace, parce qu'invisible.

L'enquête de Laurent Ozon sur les néoconservateurs appartient à cette catégorie. Son tort n'est pas de polémiquer. Il est d'avoir fait un travail précis : rouvrir les revues où cette élite écrit entre elle, et retrouver le texte fondateur — un article de 1996 dans Foreign Affairs, signé Kristol et Kagan, où l'on défend une « hégémonie bienveillante » sur le monde.

Un livre qui nomme — et c'est tout son tort

Ozon remonte ensuite la lignée nom par nom, des cercles trotskistes de New York jusqu'aux architectes de la guerre d'Irak. C'est précisément ce qui le rend indistribuable : aucun réseau grand public ne met en rayon une enquête qui désigne ses propres relais.

◆ Pourquoi ce livre passe sous les radars

Pas de librairie : aucun réseau ne distribue une enquête qui le nomme

Pas de plateau : le sujet ne tient pas en quatre minutes d'antenne

Pas de subvention : aucune rédaction financée ne publierait cette généalogie

Diffusion directe : par l'éditeur, hors des circuits qui le filtreraient

C'est pour cette raison que ce livre est publié en direct par les Éditions Géopolitique Profonde, et qu'il vous parvient ici plutôt qu'en rayon. Tant qu'il est imprimé, vous pouvez l'obtenir. Chaque exemplaire finance l'enquête, pas la censure.

Ce n'est pas une interdiction tonitruante : c'est un silence. Le livre n'est pas attaqué, il est simplement laissé sans relais, sans recension, sans rayon. La forme de censure la plus efficace est aussi la plus discrète — celle qui ne laisse aucune trace et dont personne ne peut témoigner.

Le tout tient en 80 pages : Les Néoconservateurs — Une élite impériale, de Laurent Ozon. Une lignée suivie nom par nom, texte par texte, de Trotski à l'Irak.